Causse Bégon (1 février 2020)

Marcher pour se tenir en forme, nous sommes 6 à être convaincu que cet exercice ne peut pas faire de mal. La météo est optimiste et nous promet même du soleil. Un petit échauffement pour rejoindre le sentier de la Cabrune et la montée commence, nos vêtements bien douillets nous font transpirer, mais bientôt nous devons ralentir, notre fidèle marcheuse de St Georges d'Orques n'est pas au mieux de sa forme, nous l'encourageons à poursuivre. A l'Escapade, on ne laisse personne sur la touche. Nous parviendrons finalement à la ferme de Barjac avec un peu de retard et à cette période de l'année la nuit tombe vite. Nous emprunterons donc un raccourci pour le retour mais nous prendrons le temps de rendre visite au Rocher de la Coupe, dégagé de ses broussailles par l'équipe de choc de baliseurs, au printemps dernier. Du crachin, du vent, du froid, on a tout eu, mais point de soleil, faut pas croire ce que disent les journaux, comme Balavoine, je ne suis pas un héros. Nous nous engageons sur le sentier qui descend sur les fours à calamine, il est glissant, les feuilles nous cachent les pierres, il faut être vigilant. L'heure tourne et c'est à la nuit que nous parviendrons à rejoindre St-Jean. Des kilomètres, nous n'en n'avons pas beaucoup parcourus, une petite dizaine, et on a gardé le sourire. 

 

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Le Larzac autour de Montredon (18 janvier 2020)

Ils sont venus de Cassanas, d'Aumessas, de la Cavalerie, de Rivière sur Tarn, du Gressentis, de Millau, de Nant, de Fabrègue, de St George d'Orques et bien sûr de St-Jean... bref 17 marcheurs, les bâtons chauffés à blanc, avaient hâte de reprendre leur exercice favori, la randonnée avec les copains pour partager les histoires et les petites blagues qui donnent à nos sorties une ambiance bon enfant. Une petite descente vers le Rocher des Hannout, un arrêt à la Jasse adossée à un énorme rocher et nous poursuivons vers la ferme du Sot, là où, poulets et pintades nous accueillent avec caquètements et gloussements de manif. Nous les ignorons et bifurquons à travers champs vers Cavalies. Comme d'habitude, personne à l'horizon, bien qu'il paraît y avoir des activités agricoles. La végétation généreuse, gorgée de gouttelettes, semble emmagasiner une réserve maximum avant la prochaine sècheresse de l'été prochain. Pour croiser les rochers promis, nous empruntons le sentier à travers le parc à moutons gardés par les patous, après les recommandations d'usage, nous retrouvons un gallinacé pétrifié, un cobra menaçant, un champignon appétissant et bien d'autres rochers ou chacun laisse aller son imaginaire. Le soleil qui nous a accompagné depuis le départ commence à décliner vers l'horizon, nous remontons nos cols et enfonçons nos bonnets pour rejoindre, d'un pas énergique, nos voitures, c'est l'heure de se séparer, grosses embrassades, on se donne rendez-vous pour la prochaine sortie. Rolande.

 

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Sentier des Carriers à Fontainebleau (11 janvier 2020)

Première sortie 2020 pour l’Escapade Saint-Jeantaise
Pour ce samedi 11 janvier 2020, à l’initiative de Mireille, douze randonneurs s’étaient retrouvés en Forêt de Fontainebleau pour parcourir la partie Est du Massif de Franchard, sur les traces des carriers. Le sexe prétendument fort était en nette minorité puisque les femmes étaient deux fois plus nombreuses que les hommes. Certains venaient de Paris, d’autres de la couronne et même de Beauvais ! Nous avons suivi le sentier Denecourt 7 puis 8 passant par les rochers et les platières des Gorges de la Houx, par le Mont Aigu avec son accès hélicoïdal, par le long boyau avec les fronts de taille ainsi que les anciens abris des carriers et enfin par la Mare aux pigeons. Claude-François Denecourt (1788-1875) était un ancien soldat de l’armée impériale qui consacra l’essentiel de sa vie à développer et faire connaître les richesses de la Forêt de Fontainebleau. Nous avons parcouru la longue galerie souterraine dont l’aménagement, en 1853, fut reproché à Denecourt. C’est pourquoi les initiales DFD ont été gravées au-dessus de l’entrée et signifient la Dernière Folie de Denecourt. Elle fut rebaptisée plus tard la grotte du Serment car il promit de ne plus se lancer dans de tels travaux. Chemin faisant, des rochers aux formes et aux noms étonnants nous ont plongés en pleine mythologie grecque. Tout d’abord avec Argus, le géant qui possédait 100 yeux, si bien qu’il ne les fermait jamais tous en même temps. Héra fit appel à lui pour surveiller Io que Zeus convoitait. Ce dernier, rendu furieux par la jalousie de son épouse, demanda à Hermès de tuer Argus. Héra plaça les yeux d’Argus sur la queue de son animal fétiche : le paon. Puis, plus loin, il était question d’Actéon le célèbre chasseur qui avait surpris un jour la déesse Artémis prenant son bain. En colère, elle le transforma en cerf et Actéon fut dévoré par ses propres chiens qui ne le reconnaissaient pas. Enfin, Proserpine (ou Perséphone), fille de Demeter et Zeus, déesse des saisons, fût enlevée par Pluton dieu des enfers qui l’a ensuite épousée. Enfin, un accord fut conclu entre Pluton et Zeus pour que Proserpine puisse partager son temps entre les enfers, symbole de l’automne et de l’hiver et le ciel, symbole du printemps et de l’été. D’autres rochers rencontrés faisaient référence à des personnages littéraires tels que Quasimodo et Gargantua. Les impressionnants fronts de taille que nous avons longés gardent la trace des ouvriers tailleurs de pierre. L’exploitation du grès de Fontainebleau pour paver les routes ou construire les habitations remonte au XIIème siècle. La production atteint 2 900 000 pavés en 1829, qui sont transportés par des voituriers jusqu’au port de Valvin avant d'être embarqués sur des péniches pour rejoindre Paris.
De nombreuses carrières ont été ouvertes entre 1806 et 1956 : au rocher Canon, à la croix D’Augas, aux Mont d’Ussy... et au Long Boyau que nous allons découvrir. Denecourt s’insurge contre ce saccage de la forêt. Il est appuyé par des artistes, des écrivains (Jean-François Millet, Jean Baptiste Corot, George Sand, Victor Hugo, Jules Michelet en font partie) qui vont créer à Bois le Roi un comité de protestation artistique de la forêt, le but de ce comité est très clair : c’est de s’opposer par tous les moyens à la dévastation de la forêt.

 

Ils adoptent 2 résolutions :
- La forêt doit être assimilée aux monuments nationaux et historiques qu’il faut à tout prix conserver.
- Il est indispensable pour arriver à ce but de limiter l’exploitation de la forêt.

 

À Fontainebleau on trouve du grès dit blanc.
Le grès est divisé en grès de qualités différentes qui correspondent au son que la roche émet quand elle est frappée.
Le grès dit « Pif » est le plus noble, il sert à la construction de châteaux.
Le grès dit « Paf » le plus courant, d’assez bonne qualité, sert au pavage.
Le grès dit « Pouf » de mauvaise qualité sert aux murs de clôture.

 

En fin d’après-midi, nous avions parcouru une douzaine de kilomètres et tout le monde semblait ravi de cette belle journée, mais nous n’avons pas manqué d’évoquer notre cher Saint-Jean que nous souhaiterions tous retrouver bientôt.

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