Vallée du Burle du Gressentis (15 février 2020)

13 personnes au départ, 17 au repas, 14 à l'arrivée : un casse-tête pour le serre-file de service ! En tout cas nous étions 13 à partir du petit hameau de Refrégiès. Laissant derrière nous la belle vallée dans sa fraîcheur matinale, nous avons vite rencontré, à travers les branches dénudées de la forêt hivernale, le soleil qui envelopperait cette belle journée d'une chaleur et luminosité printanières.

En passant par la Rouquette (côté Refrégiès) nous sommes montés en direction du Pal. Sur la crête qui sépare la vallée du Viala de celle du Burle du Gressentis, à 1000 m. d'altitude, nous avions une vue magnifique sur le paysage environnant, du Mont Saint-Baudille au sud à Roques Altes au nord, en passant par nos points de repère habituels comme le château d'Algues, le St-Alban, le Roc Nantais et la Brunellerie. Au pied de la "forêt brûlée" sur le versant sud du Pal et en bordure de la Forêt Domaniale du Croix de la Guérite, nous avons entamé la descente vers le Gressentis. Nous avons traversé Valjuille, ferme cévenole abandonnée depuis une vingtaine d'années, encore partiellement utilisée comme abri pour les vaches. Une plaque "Union" (en plomb) apposée sur la façade d'une des maisons atteste encore que la demeure était assurée contre l'incendie, ce qui devait la mettre à l'abri de toute intention criminelle du chef d'un voisin malveillant.

Longeant le ruisseau, nous sommes passés par le Prat et par la Ro(u)quette (côté Gressentis), deux anciennes exploitations typiquement cévenoles réhabilitées respectivement en gîte de vacances et en résidence secondaire.

Au Mas del Riou du Gressentis, notre hôtesse Klasina et trois convives de plus nous attendaient avec une table richement fournie. Une terrasse ensoleillée à l'abri du vent, une soupe aux pois cassés (plat traditionnel des férus du patin à glace aux Pays-Bas), des flans, les diverses délicatesses apportées par les amis, un génépi artisanal pour arroser le tout : tous les ingrédients étaient réunis pour vivre un moment chaleureux et convivial dans la meilleure tradition "Escapade".

Revigorés, voire repus, et nos effectifs renforcés d'une randonneuse de plus, nous avons entamé la dernière partie de notre randonnée. En passant par La Combe, nous sommes remontés en direction du Col de Lavaur, pour descendre depuis le carrefour "De Gaulle" en direction de Refrégiès, où nous nous sommes quittés ... pour nous retrouver bientôt sur d'autres chemins.   Mark.

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Plateau du Cayroux (8 février 2020)

Les ruffes du Cayroux

 Nous partîmes 21 et sans aucun renfort nous nous vîmes 21 en revenant au port...

N'écoutant que notre courage et surtout zappant sur la météo la plus optimiste, cette petite troupe s'est retrouvée à 10h tapantes sur le parking du Puech. Rien de mieux que le soleil que nous avons dans la tête et que le bonheur de nous retrouver pour affronter la grisaille.

Première flânerie dans le hameau Le Puech (Lo Puòg en occitan c'est à dire montagne) où nous admirons le mimosa en fleur se détachant des bâtisses de pierre rouge (qui font sales nous dira Ghuylaine). Certaines des pierres basalte noir ou grès rouge sont posées type arêtes de poissons. Tient-on se croirait au Rougier de Camares. Ouf ! Ça y est le mot est lancé : les aveyronnais que nous sommes ont retrouvé des points de repère ...

Il est quand même temps de repartir. Jolie grimpette dans les arbres, heureusement quelques "marchounettes" nous la rende plus facile et nous profitons de la vue sur le Larzac et le village d'Olmet posé sur son monticule. Arrivée sur le plateau du Cayroux. Ça y est François a trouvé son nouveau lieu de bivouac pour sa prochaine nuit des étoiles : des volontaires pour porter le matos ? Euh ... comment dire ?

 Nouvel arrêt au dolmen qui a été bâti il y a près de 5000 ans. Marie Jo ? François ? Un petit essai ? Rentrez-vous dedans ? Combien de temps tiendrez-vous le coup et c'est reparti pour de longues discussions plus ou moins philosophiques …

Encore une petite grimpette et nous arrivons au point culminant de la rando.  Descente ensuite par une sente qui nous offre une très belle vue sur le lac du Salagou, le mont Liausson et le plateau de l'Auverne. Point stratégique pour une petite explication sur les ruffes, roches pas du tout volcaniques de couleur rouge (en latin : ruffus) et surtout pour manger mais le temps se gâte donc gros dilemme ; manger et profiter de la vue (bouchée) ou descendre avec possibilité de mise à l'abri dans une grande capitelle dans 30 min, non 45 allez 1 heure et on ne sera pas loin du compte, si le déluge arrive.

 Nous choisissons de continuer et c'est sûrement plus raisonnable car les ruffes glissent quand elles sont mouillées. Petit (!) arrêt pour admirer le désert rouge et les cheminées d'aération des mines d'uranium puis les coronilles en fleurs, les amandiers, les orchidées, les cades taille XXL. Nous continuons de traverser ce désert rouge aux tendances Colorado diront certains et après avoir laissé de côté des petites capitelles, nous arrivons à la grande et surtout il est temps de partager quelques bonnes bouteilles, fougasses d'Aigues Mortes, madeleines, fondant au chocolat. Ce que les membres de l'escapade redoublent d'imagination pour nous faire récupérer les calories perdues …

En route pour Rabejac dont les mines d'uranium sont fermées depuis 1990, après un petit détour pour voir le Roubieu, énoooooorme affluent de la Lergue. Nous traversons un petit gué sur le Ronel et nous ne déplorons aucune chute !!!

Encore une petite grimpette et nous arrivons avec une vue imprenable sur le Leclerc, l'autoroute et les grandes étendues de panneaux solaires. Le choix est cornélien entre les trois …

Heureusement un vol d'oiseaux et des discussions par ci par là de notre groupe, nous enlève à ce cruel dilemme, magie de l’Escapade Saint-Jeantaise et des échanges divers et variés. Après avoir traversé le hameau des Hémies et un arrêt à son lavoir où les discussions et les suppositions sur tout ce qui a pu s'y passer vont bon train, nous continuons sur la chapelle du XIème des deux martyrs Saint Agricol et Saint Vital rénovée récemment.

De plus, une pluie de gouttes d'eau nous tombe dessus, il est temps de regagner le village du Puech, et nos autos, mouillés mais heureux d'avoir partagé de si beaux moments, d'avoir parfois refait le monde dans une ambiance très sympathique et d'avoir marché au même rythme.

Temps total 6 heures, passé à parler autant, à marcher beaucoup moins, à se régaler beaucoup plus ... Claudie.

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Causse Bégon (1 février 2020)

Marcher pour se tenir en forme, nous sommes 6 à être convaincu que cet exercice ne peut pas faire de mal. La météo est optimiste et nous promet même du soleil. Un petit échauffement pour rejoindre le sentier de la Cabrune et la montée commence, nos vêtements bien douillets nous font transpirer, mais bientôt nous devons ralentir, notre fidèle marcheuse de St Georges d'Orques n'est pas au mieux de sa forme, nous l'encourageons à poursuivre. A l'Escapade, on ne laisse personne sur la touche. Nous parviendrons finalement à la ferme de Barjac avec un peu de retard et à cette période de l'année la nuit tombe vite. Nous emprunterons donc un raccourci pour le retour mais nous prendrons le temps de rendre visite au Rocher de la Coupe, dégagé de ses broussailles par l'équipe de choc de baliseurs, au printemps dernier. Du crachin, du vent, du froid, on a tout eu, mais point de soleil, faut pas croire ce que disent les journaux, comme Balavoine, je ne suis pas un héros. Nous nous engageons sur le sentier qui descend sur les fours à calamine, il est glissant, les feuilles nous cachent les pierres, il faut être vigilant. L'heure tourne et c'est à la nuit que nous parviendrons à rejoindre St-Jean. Des kilomètres, nous n'en n'avons pas beaucoup parcourus, une petite dizaine, et on a gardé le sourire. 

 

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Le Larzac autour de Montredon (18 janvier 2020)

Ils sont venus de Cassanas, d'Aumessas, de la Cavalerie, de Rivière sur Tarn, du Gressentis, de Millau, de Nant, de Fabrègue, de St George d'Orques et bien sûr de St-Jean... bref 17 marcheurs, les bâtons chauffés à blanc, avaient hâte de reprendre leur exercice favori, la randonnée avec les copains pour partager les histoires et les petites blagues qui donnent à nos sorties une ambiance bon enfant. Une petite descente vers le Rocher des Hannout, un arrêt à la Jasse adossée à un énorme rocher et nous poursuivons vers la ferme du Sot, là où, poulets et pintades nous accueillent avec caquètements et gloussements de manif. Nous les ignorons et bifurquons à travers champs vers Cavalies. Comme d'habitude, personne à l'horizon, bien qu'il paraît y avoir des activités agricoles. La végétation généreuse, gorgée de gouttelettes, semble emmagasiner une réserve maximum avant la prochaine sècheresse de l'été prochain. Pour croiser les rochers promis, nous empruntons le sentier à travers le parc à moutons gardés par les patous, après les recommandations d'usage, nous retrouvons un gallinacé pétrifié, un cobra menaçant, un champignon appétissant et bien d'autres rochers ou chacun laisse aller son imaginaire. Le soleil qui nous a accompagné depuis le départ commence à décliner vers l'horizon, nous remontons nos cols et enfonçons nos bonnets pour rejoindre, d'un pas énergique, nos voitures, c'est l'heure de se séparer, grosses embrassades, on se donne rendez-vous pour la prochaine sortie. Rolande.

 

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Sentier des Carriers à Fontainebleau (11 janvier 2020)

Première sortie 2020 pour l’Escapade Saint-Jeantaise
Pour ce samedi 11 janvier 2020, à l’initiative de Mireille, douze randonneurs s’étaient retrouvés en Forêt de Fontainebleau pour parcourir la partie Est du Massif de Franchard, sur les traces des carriers. Le sexe prétendument fort était en nette minorité puisque les femmes étaient deux fois plus nombreuses que les hommes. Certains venaient de Paris, d’autres de la couronne et même de Beauvais ! Nous avons suivi le sentier Denecourt 7 puis 8 passant par les rochers et les platières des Gorges de la Houx, par le Mont Aigu avec son accès hélicoïdal, par le long boyau avec les fronts de taille ainsi que les anciens abris des carriers et enfin par la Mare aux pigeons. Claude-François Denecourt (1788-1875) était un ancien soldat de l’armée impériale qui consacra l’essentiel de sa vie à développer et faire connaître les richesses de la Forêt de Fontainebleau. Nous avons parcouru la longue galerie souterraine dont l’aménagement, en 1853, fut reproché à Denecourt. C’est pourquoi les initiales DFD ont été gravées au-dessus de l’entrée et signifient la Dernière Folie de Denecourt. Elle fut rebaptisée plus tard la grotte du Serment car il promit de ne plus se lancer dans de tels travaux. Chemin faisant, des rochers aux formes et aux noms étonnants nous ont plongés en pleine mythologie grecque. Tout d’abord avec Argus, le géant qui possédait 100 yeux, si bien qu’il ne les fermait jamais tous en même temps. Héra fit appel à lui pour surveiller Io que Zeus convoitait. Ce dernier, rendu furieux par la jalousie de son épouse, demanda à Hermès de tuer Argus. Héra plaça les yeux d’Argus sur la queue de son animal fétiche : le paon. Puis, plus loin, il était question d’Actéon le célèbre chasseur qui avait surpris un jour la déesse Artémis prenant son bain. En colère, elle le transforma en cerf et Actéon fut dévoré par ses propres chiens qui ne le reconnaissaient pas. Enfin, Proserpine (ou Perséphone), fille de Demeter et Zeus, déesse des saisons, fût enlevée par Pluton dieu des enfers qui l’a ensuite épousée. Enfin, un accord fut conclu entre Pluton et Zeus pour que Proserpine puisse partager son temps entre les enfers, symbole de l’automne et de l’hiver et le ciel, symbole du printemps et de l’été. D’autres rochers rencontrés faisaient référence à des personnages littéraires tels que Quasimodo et Gargantua. Les impressionnants fronts de taille que nous avons longés gardent la trace des ouvriers tailleurs de pierre. L’exploitation du grès de Fontainebleau pour paver les routes ou construire les habitations remonte au XIIème siècle. La production atteint 2 900 000 pavés en 1829, qui sont transportés par des voituriers jusqu’au port de Valvin avant d'être embarqués sur des péniches pour rejoindre Paris.
De nombreuses carrières ont été ouvertes entre 1806 et 1956 : au rocher Canon, à la croix D’Augas, aux Mont d’Ussy... et au Long Boyau que nous allons découvrir. Denecourt s’insurge contre ce saccage de la forêt. Il est appuyé par des artistes, des écrivains (Jean-François Millet, Jean Baptiste Corot, George Sand, Victor Hugo, Jules Michelet en font partie) qui vont créer à Bois le Roi un comité de protestation artistique de la forêt, le but de ce comité est très clair : c’est de s’opposer par tous les moyens à la dévastation de la forêt.

 

Ils adoptent 2 résolutions :
- La forêt doit être assimilée aux monuments nationaux et historiques qu’il faut à tout prix conserver.
- Il est indispensable pour arriver à ce but de limiter l’exploitation de la forêt.

 

À Fontainebleau on trouve du grès dit blanc.
Le grès est divisé en grès de qualités différentes qui correspondent au son que la roche émet quand elle est frappée.
Le grès dit « Pif » est le plus noble, il sert à la construction de châteaux.
Le grès dit « Paf » le plus courant, d’assez bonne qualité, sert au pavage.
Le grès dit « Pouf » de mauvaise qualité sert aux murs de clôture.

 

En fin d’après-midi, nous avions parcouru une douzaine de kilomètres et tout le monde semblait ravi de cette belle journée, mais nous n’avons pas manqué d’évoquer notre cher Saint-Jean que nous souhaiterions tous retrouver bientôt.

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